2018

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Monsieur le Sous-Préfet,
Madame la Députée,
Madame la conseillère départementale,
Monsieur le conseiller régional,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs des Autorités civiles et militaires et religieuses,
Messieurs les représentants des Associations des Anciens Combattants et Victimes de Guerre,
Messieurs les médaillés militaires,
Mesdames et Messieurs membres de la Légion d’honneur,
Mesdames et Messieurs les enseignants et leurs élèves,
Mesdames, Messieurs les représentants de Lituanie, de Pologne, d’Espagne, d’Italie, et de Grèce, et leurs élèves,
Mesdames et Messieurs les représentants des associations riomoises,

Chers amis de l’Harmonie de Riom,

Chers amis,

Vous avez répondu très nombreux à l’invitation solennelle que je vous ai adressée pour commémorer l’armistice du 11 Novembre 1918. Je remercie tout spécialement ceux qui ont organisé cette commémoration, les services de la Ville, l’Harmonie de Riom toujours fidèle, les élèves des écoles publiques et privée qui, pour la première fois ont monté ensemble une chorale.

Je souhaite de tout cœur que les voix qui ont porté notre recueillement en ce jour si particulier, se fassent entendre lors de nos prochaines cérémonies. Merci de tout cœur au chef de chœur Madame Auvinet, à la pianiste Madame Escarguel, à Madame Sancier, Inspectrice de l’Education Nationale, aux directeurs et aux enseignants des écoles sans qui rien n’aurait été possible.

Oui, c’est un jour particulier. Après quatre années de commémoration dans le cadre de la Mission Centenaire, nous fêtons  le centième anniversaire de l’Armistice.  L’Armistice que tout le monde attendait !
Tout au long de ce centenaire, la Ville de Riom, a organisé ou soutenu les initiatives pour replacer l’événement dans le contexte local.

L’exposition « Les Riomois dans la Grande Guerre » à la Maison des Archives nous a permis de comprendre l’engagement des riomois. Même si notre ville n’est pas au contact du front, donc des combats, Riom est une ville de garnisons depuis le XIXème siècle. Il en reste des vestiges. Seule la caserne Lafayette a été détruite. Les autres Vercingétorix, Dombrowski et d’Anterroche ont été transformées et destinées à d’autres activités.
Tout au long de cette guerre, les femmes, les épouses, les filles ont remplacé par leur travail celui qui était parti : l’artisan, le commerçant, l’agriculteur ou autre.

Ainsi la mobilisation, puis les combats font partie de la vie des riomois. La guerre est leur quotidien. Au point que de nombreux volontaires se lèvent et s’engagent : des pères partent avec leur fils, des ainés avec leur cadet. Un mouvement vers le front, pour en découdre… et rapidement.

Avec les premiers combats, un autre mouvement commence : des familles fuient l’horreur, des allemands sont fait prisonniers, des blessés arrivent dans les hôpitaux. Un dévouement et une solidarité hors du commun se manifestent dans la population riomoise. Là encore, les femmes font merveille auprès des blessés et des familles exilées. Car, c’est sur elles que repose l’organisation de la ville sous le regard attentif de mon prédécesseur Etienne Clémentel.

Les élèves du lycée Pierre Joël Bonté avaient bien montré la vie des Poilus dans les tranchées avec des matériaux actuels et après avoir ressorti les archives familiales, gardées comme un trésor qu’on montre aux grandes occasions.

Les élèves du Collège Mendès France ont fait de même avec la réalisation d’une tranchée. Vous êtes tous invités cet après-midi à l’inauguration du monument du Souvenir qui immortalisera cette construction unique à Riom.

Tout cela a été possible grâce à l’implication des responsables des écoles, collèges et lycées, des professeurs d’Histoire, de Lettres et de travaux pratiques. Grâce à vous, la Ville de Riom mérite bien le label Mission Centenaire.

Chers Jeunes, vos réalisations rappellent ce que nos ainés ont laissé pour garder intacte la mémoire des soldats de la Première Guerre Mondiale.

C’est aussi le sens de tous les monuments aux Morts. Pas une ville, pas un village de France qui n’honore ses disparus « morts pour la Patrie et pour la France ». Et c’est devant ces monuments que viennent s’incliner et se recueillir la population et les élus lors des commémorations qui ponctuent la vie locale. C’est ce que nous rappelait le circuit-découverte autour des monuments commémoratifs de toute la communauté de communes organisé par le Service du Patrimoine.

Comme partout en France, nous sommes ce matin au pied de l’Arc de Triomphe, monument dédié aux soldats tués au combat de la Guerre 14-18 et inauguré le 7 juillet 1923, par le Maire de l’époque Etienne Clémentel.
L’Arc de Triomphe vient d’être retenu par la DRAC comme monument à protéger dans le cadre de la Mission Centenaire.

Cette guerre devait être la Der des Ders ! Les premiers soldats sont partis la fleur au fusil pensant fêter Noël dans leur famille. Malgré leur courage, ce ne fut pas le cas !
Cette Première Guerre mondiale est unique par son ampleur, sa tragédie, son horreur, le nombre de morts et de blessés.

Cet univers d’acier et de boue, où la vermine, les rats, le froid et la faim sont les compagnons de route, ont eu raison du moral des troupes.

A partir du mois de mai 1918, les offensives allemandes sont toutes stoppées par les Alliés. La victoire militaire sur le front de l’est annonce la fin du conflit.

Cette guerre effroyable a laissé des traces dans note Cité :

261 soldats riomois ont perdu la vie. Parmi ceux qui sont revenus, un grand nombre étaient mutilés et ont eu du mal à se réinsérer dans la société civile. La guerre a laissé des veuves et des orphelins meurtris à jamais.

Oui, le 11 novembre 1918, la France et les Alliés ont gagné la guerre, mais à quel prix !

La tâche qui allait suivre était de gagner la paix.

C’est Etienne Clémentel qui représenta la France à la Conférence de Londres qui va décider les dommages de guerre imposés aux vaincus. Ce fut le traité de Versailles. Les français étaient convaincus, après l’euphorie de la victoire, que l’Allemagne allait payer pour la reconstruction de notre pays.

Mais celle-ci est à genou et surtout humiliée. Toute l’Europe est fragilisée. Des forces contraires s’activent pour imposer leur loi : à l’est les soviétiques, en Allemagne et en Italie, les fascistes ou les nazis se préparent à prendre le pouvoir.

La première Guerre mondiale fut une tragédie pour l’Europe toute entière. Elle ne tirera pas les leçons du désastre et se déchirera de nouveau 25 ans après, dans une autre guerre fratricide.
Cette guerre se déroule aussi au Proche Orient, en raison des alliances. L’empire ottoman s’est allié à l’Allemagne.

Dans cette région du monde, la région du Soleil Levant, des traités organiseront, à la fin de la guerre, de nouveaux pays sur les ruines de l’Empire déchu. Les frontières artificielles, oubliant les uns, comblant les autres, seront des ferments pour d’autres conflits dont les plus sanglants se déroulent encore sous nos yeux.
L’Europe n’aura pas retrouvé la paix après ce premier conflit.

Il faudra attendre le 22 janvier 1963 pour que la réconciliation franco-allemande devienne une réalité. Ce jour-là, à Paris, le général de Gaulle et le chancelier allemand Konrad Adenauer signent un traité qui ne sera jamais plus remis en question.

Ce traité posera les bases de la Communauté européenne. La paix sur le continent est sans aucun doute la victoire de la création de l’Union européenne. Mais celle-ci demeure fragile. Les tensions peuvent à tout moment se réveiller.

La paix entre nos pays pour être durable ne peut pas se contenter des institutions. Elle a besoin d’hommes et de femmes qui, au quotidien, tissent les liens d’amitié, de confiance et de coopération entre nos pays.
C’est le sens des Comités de Jumelage qui verront le jour dès les années 60. Nous fêterons l’an prochain les 50 ans du jumelage de Riom avec Nördlingen. Il aura fallu toute la force de conviction et de pardon du Docteur Guy Thomas, maire de Riom et du Docteur Kesller, maire de Nördlingen, pour initier un rapprochement entre nos deux villes.

C’est tout le sens aujourd’hui, des programmes européen Erasmus de l’Ecole Notre Dame des Arts-Sacré Cœur. Six écoles européennes vont travailler ensemble autour des valeurs du sport, de l’olympisme et de l’entreprenariat.

Je souhaite la bienvenue aux enseignants, aux accompagnateurs et aux élèves de Lituanie, Pologne, Espagne, Italie et Grèce venus à Riom dans le cadre de ces échanges.

Oui, chers amis, la paix est fragile.

Nos ainés nous ont montré la force du courage pour résister. Il nous appartient, jeunes et moins jeunes de rendre hommage à ces poilus, ces soldats de 14-18, comme il  nous appartient aujourd’hui de faire vivre l’Europe dans la paix !

Cette paix, si fragile dans le monde d’aujourd’hui, n’est possible que dans le respect de chaque personne, de ses droits et de sa dignité, et dans la quête inlassable de la solidarité entre tous.

C’est cette leçon que nous ont transmis nos aînés. C’est celle que nous voulons transmettre à nos enfants.

Vive la République, Vive la France !

Pierre Pécoul
Maire de Riom, 1er Vice-président de Riom, Limagne et Volcans

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